Organisation internationale pour les migrations

 

dal sito www.iom.int

Suisse – « How the World Views Migration », un rapport que l’OIM publiera au printemps, fournira de rares informations sur les comportements du grand public vis-à-vis de la migration à travers le monde entier. Certains éléments marquants des premières conclusions du rapport sont publiés cette semaine à l’occasion du Forum économique mondial à Davos.

Les conclusions, basées sur des entretiens menés par Gallup auprès de 183 772 adultes à travers plus de 140 pays entre 2012 et 2014, montreront que la population mondiale est généralement favorable à la hausse du nombre d’immigrants chaque année, ou du maintien de la migration à son niveau actuel.

« Cette étude présente pour la première fois des informations préliminaires sur ce que les habitants du monde entier pensent de la migration », concluent les auteurs du rapport. « Contrairement aux perceptions négatives de la migration souvent représentées dans les médias dans certaines régions du monde, nos conclusions suggèrent que la plupart des gens dans le monde ne souhaitent pas voir diminuer l’immigration dans leur pays. »

L’Europe est une exception, d’après Frank Laczko, directeur de la recherche à l’OIM, qui fait remarquer que le sondage Gallup montre une divergence marquée dans les comportements entre l’Europe du Nord et la zone méditerranéenne du continent.

D’après l’étude, la majorité des adultes dans presque tous les pays d’Europe du Nord (Suède, Danemark, Finlande) souhaiteraient voir augmenter les taux d’immigration ou les voir rester à leur niveau actuel. Le Royaume-Uni est l’unique exception, avec une majorité de la population (69%) qui soutient une diminution de l’immigration.

En revanche, les habitants d’une grande partie de la région méditerranéenne, qui est un point d’entrée vers l’Europe pour de nombreux migrants, souhaiteraient une diminution de l’immigration. A 84%, les adultes en Grèce sont les plus favorables à une diminution de l’immigration. Ce sentiment est partagé par 56% des Espagnols, 67% des Italiens et 76% des Maltais. En France, près de la moitié des habitants (45%) souhaiteraient une diminution de l’immigration, et la même proportion préférerait son maintien au niveau actuel ou son augmentation.

« Les populations en Europe sont les plus négatives face à l’immigration, mais de très peu puisqu’une faible majorité (52,1%) souhaiterait voir l’immigration diminuer. En comparaison, ce taux est de 39,3% en Amérique du Nord », a déclaré Frank Laczko.

1 Les résultats de groupe sont proportionnels à la taille de la population.
Les adultes sondés dans le cadre de l’étude Gallup ont répondu à deux questions sur l’immigration :

A votre avis, l’immigration dans ce pays devrait-elle être maintenue au niveau actuel, accrue ou réduite ?
Pensez-vous que les immigrés prennent principalement les emplois que les citoyens de ce pays ne veulent pas (ex : emplois à faible revenu ou peu prestigieux) ou qu’ils prennent principalement les emplois que les citoyens de ce pays veulent exercer ?
Le résumé de l’OIM et de Gallup est centré sur les premières conclusions de l’étude en lien avec la première question. Pour télécharger un aperçu des conclusions, veuillez vous rendre sur : http://www.iom.int/files/live/sites/iom/files/pbn/docs/PublicOpinionMap_Davos.pdf

Au-delà de l’Europe, les habitants en Amérique latine et dans les Caraïbes souhaitent généralement que les niveaux d’immigration restent les mêmes ou augmentent, à l’exception du Costa Rica et de l’Equateur.

Au Moyen-Orient, les habitants des pays du Conseil de coopération du Golfe (CCG), qui ont le pourcentage de travailleurs temporaires migrants le plus élevé, ont une perception très positive de l’immigration. Un pourcentage relativement faible souhaite une diminution de l’immigration et un pourcentage élevé souhaite voir l’immigration augmenter ou rester au même niveau. Encore une fois, il existe des différences entre les pays : les adultes au Koweït et au Bahreïn sont beaucoup plus négatifs vis-à-vis de l’immigration.

Voici d’autres conclusions importantes :

Les attitudes envers la migration varient en fonction du vécu du phénomène.
Dans les pays où le pourcentage de migrants est élevé, les habitants sont plus susceptibles d’avoir un avis sur la migration, mais pas nécessairement négatif. Dans les Etats du CCG, où les migrants peuvent représenter, dans certains pays, plus de la moitié de la population, les habitants sont plus favorables à l’immigration.
Dans les 10 principaux pays de destination, les avis sont partagés. Près de la moitié des adultes (46,8%) pense que le taux d’immigration devrait augmenter ou rester le même et la même proportion (47,5%) pense qu’il devrait diminuer.
Les adultes dans les pays qui connaissent récemment une forte hausse de l’immigration sont moins favorables à une diminution de l’immigration. Les habitants dans ces pays auraient plutôt tendance à souhaiter une augmentation du taux d’immigration.
Dans les 10 principaux pays d’origine, les adultes sont moins susceptibles d’avoir une opinion concernant l’immigration dans leur pays (30,3%) mais dans le même temps, 30% d’entre eux souhaitent une diminution de l’immigration.
Les perceptions économiques de la population sont certainement le principal indicateur de leurs comportements vis-à-vis de l’immigration.
Les opinions des habitants face à l’immigration sont liées à leurs perceptions des conditions économiques de leur pays. Les adultes qui pensent que les conditions économiques sont « décentes » ou « mauvaises » sont deux fois plus susceptibles de souhaiter une diminution de l’immigration, par rapport à ceux qui pensent que les conditions sont « bonnes » ou « excellentes ». De la même manière, ceux qui pensent que les conditions se détériorent sont deux fois plus susceptibles d’être favorables à une diminution de l’immigration que ceux qui pensent que les conditions s’améliorent (48% contre 25,3%).
Dans presque toutes les régions du monde, les habitants qui considèrent leurs conditions comme « bonnes ou excellentes » ont une vision plus positive de la migration par rapport à ceux qui les considèrent comment « décentes ou mauvaises ». Ces écarts sont assez grands dans plusieurs pays, notamment au sein de grandes économies comme la France (46% contre 29%), l’Espagne (56% contre 29%), le Canada (41% contre 21%) et le Japon (17% contre 10%).
L’Afrique, où les opinions envers l’immigration ne sont pas très différentes entre les groupes aux conditions « décentes/mauvaises » ou « bonnes/excellentes », est la seule exception. Outre l’Afrique, dans quelques pays du monde, il y a peu ou pas de différence d’opinions basées sur l’état de l’économie du pays. C’est le cas de la Corée du Sud, du Bangladesh, de l’Ouzbékistan, des Philippines, de la Jordanie, d’Israël, de Malte, de la Belgique et du Venezuela.
Dans chaque région ou pays du monde, certaines personnes sont plus ouvertes à l’immigration dans leur pays et ont le potentiel de devenir des « leaders du changement ».
Les chefs d’entreprise (en Europe occidentale, en Afrique du Nord, en Afrique de l’Est, en Asie de l’Est et en Australie/Nouvelle-Zélande) sont plus favorables à l’immigration que les autres corps de métier. Cette tendance se vérifie également chez les membres du G20 notamment la Chine et l’Afrique du Sud, et ce, indépendamment de la taille de l’entreprise.
Les jeunes (de moins de 44 ans) sont mieux informés sur l’immigration et sont plus favorables à son augmentation. Environ un jeune sur quatre (24%) est favorable à une hausse du taux d’immigration, par rapport à 17% chez les 65 ans et plus.
Cet « effet jeunesse » existe dans la plupart des régions et des pays de destination. La Russie est la grande exception. Les jeunes Russes sont tous aussi défavorables à l’immigration dans leur pays que les Russes plus âgés.
Les personnes instruites (adultes détenteurs d’un diplôme d’études universitaires) sont plus favorables à un maintien ou à une hausse de l’immigration que les personnes sans diplôme. Elles sont aussi plus susceptibles d’avoir une opinion sur la question.
Les conditions et les possibilités économiques dans un pays sont d’importants indicateurs des opinions sur les niveaux d’immigration, concluent les auteurs de l’étude. Par rapport à d’autres dans la population active, les personnes sans emploi mais qui recherchent un emploi et qui sont aptes à travailler sont beaucoup plus favorables à une diminution de l’immigration (40,5% des sans emploi contre 33,4% des personnes qui ont un emploi).
« Comprendre le profil des personnes pour ou contre l’immigration et les facteurs qui influencent leurs opinions est essentiel pour former des attitudes plus positives à l’égard de l’immigration dans le monde entier », a déclaré Mme Neli Esipova, Directrice de la recherche sur la migration dans le monde pour le sondage mondial de l’Institut Gallup.

« Les perceptions négatives de la migration restreignent la capacité des responsables politiques à gérer la migration de manière efficace », a déclaré le Dr. Laczko. « Il y a un risque que les politiques migratoires dans ces pays soient de plus en plus déterminées par la peur et les idées préconçues plutôt que par des faits. Si nous voulons combattre la hausse inquiétante de la discrimination à l’égard des migrants et des craintes du grand public vis-à-vis de la migration, nous devons continuer à évaluer régulièrement les perceptions publiques de la migration. »

Pour consulter la synthèse du rapport « How the World Views Migration », veuillez télécharger le document suivant : http://www.iom.int/files/live/sites/iom/files/pbn/docs/How-the-World-Views-Migration-Gallup-flyer.pdf
Et la carte : http://www.iom.int/files/live/sites/iom/files/pbn/docs/PublicOpinionMap_Davos.pdf

Pour plus d’informations, veuillez contacter

Frank Laczko
siège de l’OIM à Genève
Tel + 41 22 717 9416
Email: flaczko@iom.int

ou

Neli Esipova
Gallup World Poll aux Etats-Unis
Tel + 1 609 924-9600
Email: neli_esipova@gallup.com

Post Comment